SIMULATEUR

En mai 2020, l’ADRB a fait opposition auprès du service de l’urbanisme enquêtes publiques à Lausanne, avec copie à la DETEC, Office fédéral de l’aviation civile concernant la demande d’approbation pour un nouveau bâtiment destiné à deux simulateurs de vol PC12. Cette demande étant déposé par Aéroport région Lausanne «La Blécherette » S.A. (ARLB).

Cette opposition de l’ADRB est justifiée par le fait que l’exploitation des installations existantes ne répond pas aux normes prévues dans le PPA qui définit précisément les possibilités de constructions et les conditions d’exploitation d’un aérodrome, cette parcelle étant initialement classée en zone intermédiaire non constructible.

1. Considérations sur la situation particulière de l’aérodrome de la Blécherette

1.1 L’aérodrome de la Blécherette est situé en bordure de ville et cette situation est de plus en plus problématique au niveau des nuisances et des risques d’accident en raison du développement urbanistique de l’agglomération lausannoise.

1.2. Malgré de nombreuses actions des habitants riverains et la signature d’un protocole d’accord entre la ville de Lausanne et la direction de l’aérodrome, force est de constater que des dizaines de milliers de personnes continuent de subir des nuisances importantes dues au survol des aéronefs. Des analyses sonores ont d’ailleurs démontré le fort impact de ce trafic, en particulier des pics qui dépassent les normes.

1.3. On constate que cette infrastructure n’a quasiment pas d’intérêt public pour la région, l’essentiel des vols concernant de l’écolage et des loisirs.

1.4. La direction de l’aérodrome se dit prête à prendre des mesures pour limiter les nuisances, mais celles-ci augmentent et l’on constate que des avions de plus en plus gros utilisent la piste, sans parler des vieux avions de collections qui se permettent de sillonner le ciel lausannois, même le dimanche, en distillant leurs décibels qui dépassent toutes les normes de l’OPB.

2. Analyse du projet de bâtiment pour abriter un nouveau simulateur

2.1. L’aérodrome possède déjà un simulateur pour la formation de pilotes sur petits avions. L’installation d’une nouvelle infrastructure est manifestement dictée par la création d’une nouvelle formation sur les avions Pilatus.

2.2. Cette nouvelle formation comprendra des vols, dont 80 % se dérouleront sur simulateur et 20 % en situation réelle. On constate que ces 20 % représentent une augmentation des activités de vol à la Blécherette. Le simulateur ne fera pas diminuer les vols actuels.

2.3. Les Pilatus sont des avions plus gros et plus bruyants que la moyenne des petits avions de tourisme. Nous avons pu constater que ce type d’avions est aussi bruyant en phase d’atterrissage qu’en phase ascensionnelle et, du fait de leur poids, leurs mouvements se déroulent plus près du sol, en l’occurrence des habitations.

3. Un développement inacceptable pour les riverains

3.1. Pilatus veut développer à Lausanne un centre européen de formation sur ses avions. Il est absolument incompréhensible de développer une telle infrastructure dans une zone densément habitée et donc très sensible aux nuisances.

3.2. Les riverains ont participé à des réunions avec les responsables de l’aérodrome et des représentants des autorités lausannoises. Le développement de cette nouvelle activité n’a jamais été évoqué. Ce manque de transparence démontre l’indifférence totale aux nuisances subies par la population par les gestionnaires de l’aérodrome et une habile manière de ne pas faire état de potentielles nuisances.

3.3. Il ressort de plus du droit de superficie dont jouit la Blécherette que toute nouvelle construction sur la parcelle doit être soumise à l’accord préalable du superficiant. Cela signifie donc un feu vert de la part de la ville de Lausanne, qui irait à l’encontre de toutes les dernières décisions du Conseil communal concernant l’avenir de la Blécherette.

3.4. L’étude d’impact déposée avec les plans ne mentionne que les conséquences de la construction du bâtiment pour l’environnement végétal. Il conviendrait d’y adjoindre une étude d’impact des vols de Pilatus qui seront associés à ce développement.

3.5. Le nouveau bâtiment accentuerait le mitage du plateau de la Blécherette. Il est impératif que le superficiant réglemente strictement tout développement dans cette zone.

En résumé, au vu de l’argumentation développée plus haut, l’ADRB s’oppose au projet de construction d’un bâtiment devant abriter un nouveau simulateur. Notre association rend les autorités particulièrement attentives au fait que la construction de ce bâtiment est inadéquate à l’endroit proposé et, surtout, qu’elle est à la base d’activités qui seront préjudiciables à l’environnement urbain de l’aérodrome de la Blécherette. Pour nous, l’entreprise de Stans, qui construit les Pilatus, devrait rechercher pour ses formations une installation aéronautique mieux située du point de vue environnemental et social.

4. Une opposition retirée en cas de garanties soumises aux conditions suivantes :

Le comité de l’ADRB est néanmoins ouvert au dialogue et pourrait entrer en matière pour retirer son opposition moyennant un certain nombre de conditions :

  1. L’exploitant de l’aérodrome confirme formellement qu’il n’y aura aucun mouvement supplémentaire du fait de ce nouveau simulateur. La formation organisée à Lausanne ne comprendrait donc pas de vols réels sur Pilatus.
  2. L’exploitant renonce définitivement à demander un allongement de la piste.
  3. L’exploitant accepte une limitation des vols le week-end et les jours fériés.
  4. La construction d’un nouveau bâtiment pour le simulateur confirme encore la valeur économique de cette parcelle fixée à 1 993 000 CHF. — par an par le droit de superficie la redevance payée 58 000 CHF.—est totalement insuffisant et fait apparaitre un subventionnement indirect massif de l’aérodrome par les contribuables lausannois pour des avantages économiques supposés. Elle doit être substantiellement revue.
  5. L’analyse du bruit des avions perçu par les riverains immédiats effectuée en 2018 par un organisme reconnu a mis en évidence que certains appareils dépassaient les normes légales définies par le TF dans un arrêt de 2017, qui a considéré qu’il ne faut pas uniquement prendre en compte le bruit moyen du trafic pour évaluer sa nocivité sur les riverains, mais bien les bruits de pointe mesurés. Aucune disposition n’a été prise dans ce sens par l’exploitant de la Blécherette. Nous demandons que les avions dont le bruit dépasse les normes légales ne soient plus autorisés à décoller de la Blécherette.
  6. Nous sommes en ville, la construction d’immeubles s’intensifie aux abords de l’aérodrome, augmentant massivement le nombre des plaintes des riverains gênés par les avions. Nous demandons que l’exploitant installe sur le site un système de contrôle permanent des nuisances sonores afin d’établir de manière fiable les taxes sur le bruit et de pouvoir remédier à la situation le cas échéant.